1. Enchanté Joachim, pourrais-tu te présenter pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?

Alors je m’appelle Joachim Garraud, je suis un passionné de musiques électroniques, DJ, producteur, compositeur et je baigne dans la musique depuis tout jeune. Je suis également passionné de nouvelles technologies, de développement de matériel et un amoureux du son. J’ai la chance d’avoir eu une formation de musique classique au conservatoire de musique de Nantes avec section piano et percussions. Ensuite j’ai commencé un peu à bidouiller les machines et j’ai très rapidement commencé à faire de la musique électronique puis DJ dans la foulée, développer des logiciels sur la musique, des plug-in, un petit peu ingénieur du son. J’ai appris à mixer sur des consoles un peu classiques au départ, avant de basculer dans l’univers du numérique et de produire pas mal de titres pour différents artistes. Ça allait de gens très connus comme David Guetta à des jeunes artistes, dans tous les styles de musique mais plutôt électronique évidemment. Et puis j’ai aussi beaucoup tourné dans le monde entier en tant que DJ et ça m’a donné envie de ramener un festival de journée en France. Ça n’existait pas, donc je voulais absolument créer ça et je l’ai fait sur l’Île des Impressionnistes à Chatou qui est dans les Yvelines à 19 minutes de Paris.

Pourquoi avoir choisi ce lieu-là, parce que ce lieu est tout simplement incroyable, c’est un paradis sur Terre que j’ai découvert quand j’ai habité à Chatou. Je trouvais ça dommage de ne pas utiliser cette île qui était fantastique pour justement produire un festival de musique électronique. Donc l’aventure a démarrée en 2010, je m’étais associé à l’époque avec Marc qui gérait le festival « Inox » à Toulouse donc je lui ai dit « Écoute on va faire une association, on va faire Inox Park. Moi je te fournis le parc, on prend la marque Inox et puis on travaille ensemble. » Ça a duré quelques années, puis au bout d’un moment, l’année dernière, l’Inox a décidé de se retirer de France pour des histoires de santé financière et pouvoir se développer plus dans des pays comme l’Espagne. Du coup ça nous a donné des idées pour développer le festival et se dire « On ne va pas laisser tomber, ça fait 7 ans qu’on fait ce festival, on va le faire grossir un peu, on va essayer d’aller plus loin dans cet esprit festif ». Et donc on a renommé le festival pour pouvoir développer des choses à part. Mais je ne peux pas tout vous dire car on travaille sur pas mal de surprises qui auront lieu le 9 septembre.

2. Tu es l’un des acteurs majeurs du festival Elektric Park (ancien Inox Park), quel est ton rôle exactement ?

J’étais créateur du festival original en 2010 et aujourd’hui je suis producteur. C’est-à-dire celui qui prend les risques financiers haha, c’est moi qui avance de l’argent. Et au-delà du caractère financier qui n’est pas ce qui m’excite le plus, puisque c’est des risques assez importants, ce que je préfère est produire une belle fête, choisir des artistes, choisir des décors, travailler sur un design d’une scène, essayer de trouver tout ce qui va plonger les gens dans un état festif. Donc je donne beaucoup d’idées et je travaille avec une formidable équipe sur ce projet là parce qu’il y a beaucoup à faire.

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3. Tu as renommé une scène « bleu blanc rouge » à l’Elektric Park. Est-ce ta volonté de mettre en avant les superbes talents français tels que le jeune Madskies, Klosman ou encore Getdown ?

Exactement ! Je voulais absolument faire une scène bleu blanc rouge parce qu’on est français, je suis fier d’être français et surtout parce qu’il y a en France énormément de jeunes talents, de producteurs qui n’ont pas la chance de pouvoir s’exprimer, qui passent très peu à la radio, jouent quelque fois uniquement en tant que résidents de leur club et n’ont pas la chance d’aller sur un festival qui leur donne plus d’exposition. Donc je me suis dit, moi qui ait toujours filé un coup de main aux jeunes, tendu la main, expliqué à travers des podcasts comment on pouvait produire de la musique, donner des secrets de production… Je pense que j’ai toujours eu une approche pédagogique pour transmettre à la nouvelle génération ma passion de la musique électronique. Donc il faut que ce soit dans mon festival qu’il y ait une stage dédiée à cette scène française qui a besoin d’exposition. D’où la scène bleu blanc rouge. C’était aussi pour moi l’occasion de réunir mes copains et donc demander à des gens comme Gregory Klosman ou Getdown de venir jouer sur cette scène. Elle est vraiment sympa, le design est vraiment top et ça va être super et complémentaire de tout ce qui se passe dans le parc.

4. De nombreux changements auront lieu lors de l’édition 2017 : le nom du festival, des modifications de scènes etc. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

J’ai expliqué le changement de nom dans la première question mais concernant les modifications de scènes effectivement je voulais que les gens prennent un choc de par la taille des infrastructures. Donc je garde toujours cette histoire de couleurs. Et je vais vous raconter une petite anecdote, car on ne m’a demandé qu’une seule fois en 7 ans pourquoi les scènes avaient des couleurs. Et c’est une de mes idées qui découle du fait que l’on soit sur l’ile des impressionnistes qui est historiquement connue. Claude Monet, Gauguin, Van Gogh etc sont venus y peindre des tableaux incroyables. Au départ nous avions deux solutions, soit on fait des scènes avec les noms des peintres mais c’était un peu trop pêchu alors j’ai converti ça en couleurs.

La scène jaune est une scène consacrée à l’electro, la bass house, l’EDM et c’est une scène très importante en taille. Et elle va grossir en taille de production, c’est-à-dire que l’on va se retrouver avec une scène encore plus grande et plus imposante que l’année précédente.

La scène verte était au départ une petite scène techno. Et j’ai décidé que ce mouvement musical qui est l’un de mes préférées en plus d’être celui qui m’a vraiment donné envie de faire mon métier de DJ devait être mis beaucoup plus en valeur. C’est-à-dire que l’on va faire une scène beaucoup plus importante, on va travailler avec des gens passionnés qui connaissent ce courant musical qui bouge très très vite. Donc je me suis associé avec Trax qui est un super partenaire dont je suis fier avec qui on travaille pour avoir une programmation incroyable. Je ne peux pas vous donner des noms car on a dit que l’on attendait d’avoir tous les contrats signés mais je suis très excité. Donc la scène verte disparaît et devient la scène bleue techno avec Trax.

Puis on a 2 autres scènes encore. La scène que vous connaissez déjà qui est la scène rouge trance. C’est quelque chose que je ne touche pas parce qu’elle a une vraie identité musicale et elle fonctionne vraiment bien. En plus elle me plait beaucoup parce que c’est aussi la possibilité de faire découvrir au public français des styles de musiques différents qu’ils n’entendent pas à la radio. Et je pense que c’est l’un des fondamentales du DJ, c’est de faire découvrir des musiques à son public et pas forcément passer des musiques que les gens connaissent. En donnant une scène qui n’est pas exposée médiatiquement comme la trance en France, je trouve que ça permet une ouverture d’esprit, il y a des artistes qui viennent et il y a un vrai public.

Enfin, il y une dernière scène, qui est une scène que l’on a appelé « nouveaux talents » qui va être une scène que je veux dédier aux gens qui veulent faire leurs premiers pas, des gens qui n’ont pas la chance d’être DJ résidents, qui sont passionnés de musique. Car je reçois beaucoup beaucoup de maquettes, de mixs de gens qui sont très doués. Mais comme il y a une concurrence très forte, ils n’ont pas de place pour aller jouer en club. Donc je me suis dit qu’il faut vraiment mettre en place une petite scène, qui ne sera pas énorme mais pour les nouveaux talents. Ce sera pour des gens à qui on mettra le pied à l’étrier et pourquoi pas l’année prochaine les mettre sur la scène bleu blanc rouge. Ou si jamais ça fonctionne très bien pour eux et que le style correspond, les mettre sur la scène jaune ou la bleue. Et donc cette scène nouveaux talents sera accolée d’une pool party car je trouve ça sympa de venir te tremper haha et ces dernières années on a eu beaucoup de chance concernant le temps. Donc ça fait un délire à la Ibiza et je trouve ça sympa.

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5. Pourquoi le nom Elektric Park ?

En fait je voulais absolument garder le Park parce que c’est le concept de journée, de midi à minuit, venir avec des copains, en famille se balader dans un parc super, découvrir des attractions, faire un coup de manège, aller voir des artistes, manger une saucisse-frite, enfin un truc sympa. Et aussi pour les gens qui veulent vivre une expérience un peu plus VIP, de pouvoir avoir accès à des choses un peu plus luxe, d’avoir accès à un camping version 2.0 un peu plus évolué avec une zone VIP qui leur est réservée. Et il y a un billet qui s’appelle « Premium » qui fonctionne très bien qui est un billet exceptionnel où l’on vous emmène faire un tour en backstage, sur la scène etc. pour ceux qui ont les moyens car c’est un billet qui vaut très cher (500€) donc c’est une somme mais c’est une expérience – pour ceux qui peuvent se le permettre – qui est incomparable. C’est comme si vous étiez un artiste en fait, vous vous baladez, vous allez sur la scène, vous prenez des photos etc, bref vous faites partie du festival.

Pour finir sur le nom, Elektric c’est simplement parce que ça sonnait bien haha.

6. Le line up démarre fort avec les Bassjackers, le belge Lost Frequencies ou encore le retour du frenchy Tristan Garner. Peux-t-on s’attendre à des surprises pour la suite ?

OUI ! Alors déjà le fait qu’on ait signé avec Trax vous allez avoir une scène techno incroyable, et puis il y a des noms que l’on est en train de finaliser pour pouvoir vous annoncer ça très rapidement. Et au-delà de ça, j’aimerai profiter de la chance d’avoir une interview avec vous pour insister sur un point qui me paraît fondamental. C’est-à-dire que l’état d’esprit d’Elektric Park c’est venir faire la fête entre copains pour écouter de la bonne musique dans un cadre incroyable. Et je ne veux pas que l’état d’esprit du festival soit venir écouter des DJs connus uniquement. Parce que je trouve que tous les festivals programment les mêmes personnes et les mêmes DJs pour jouer dans le même ordre les mêmes titres. Et c’est quelque chose qui me dérange parce que ça n’éveille pas la culture et la curiosité des gens qui viennent en festival. Donc c’est pour ça qu’Elektric Park ne se positionne pas uniquement sur des gens connus/des headliners. Je trouve que c’est important que cet état d’esprit soit autours de la musique en général plutôt que de la personne qui va diffuser la musique. Ça ne nous empêche pas de faire appel à des gens connus mais… pas uniquement. Je n’ai pas envie que les gens achètent leurs billets simplement pour voir des DJs connus, ça vous pouvez le faire à Tomorrowland ou dans des gros festivals qui ont énormément de moyens, qui peuvent prendre des DJs très très très très très connus haha. A Elektric Park, ce que je veux mettre en avant c’est l’état d’esprit. C’est-à-dire que l’on va pouvoir passer des moments exceptionnels même si vous ne connaissez pas le DJ parce que quoi qu’il en soit, ce qui prime et avant toute chose, c’est la musique.

7. Comment vois-tu l’avenir du festival ?

Je vois l’avenir radieux. Je parlais de l’état d’esprit et il est génial. Tous les gens qui travaillent sur ce festival ils ont la banane, ils sont hyper contents, ils sont positifs. Que ce soit les gens qui travaillent sur la décoration, la sécurité etc, les gens sont contents de venir y travailler. Ils me disent que c’est génial, les gens sont déguisés, c’est un festival de journée, le parc est magnifique… Il a un vrai côté positif et c’est pour moi important de le garder car c’est ce qui fait le charme de ce festival et qui en fait quelque chose de différent. On assume tout à fait ce côté bon enfant, public sympa etc. Et tout l’équipe du festival a le même ressenti que moi, ils sont heureux de venir participer à cette expérience.

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8. Concernant ta carrière solo, quels sont tes projets futurs ?

Je continue à produire, à sortir de la musique puisque c’est ce que j’aime le plus. Je viens de sortir un titre avec Chris Willis et Ridwello qui s’appelle « Beautiful » qui est sorti sur Sirup Music dont vous allez entendre parler dans les prochaines semaines. J’ai quelques remix qui arrivent, dont un du groupe français Indochine qu’on s’est permis de faire avec Ridwello haha. J’ai un mini album qui va sortir chez Panda Funk aux Etats-Unis et puis je continue de bosser sur d’autres projets musicaux. Un album personnel qui s’appelle OVP (Oscillation Vibration Pulsation) qui est un album de sound design et de musique expérimentale. Donc ça c’est vraiment très spécial. Et donc je continue à produire avec différentes personnes, j’aime bien travailler avec plein de personnes, en ce moment je bosse beaucoup avec un jeune DJ qui s’appelle Ridwello qui sera sur la scène Jaune cette année d’ailleurs.

9. Enfin, as-tu un message à transmettre aux jeunes producteurs ?

Eh bien oui, chers jeunes producteurs qui êtes branchés sur EDM French News, je vous invite à être passionnés, à continuer à vous éclater à faire de la musique, à vous produire sur scène et j’espère pouvoir vous accueillir sur le festival Elektric Park en guest ! En attendant vous êtes les bienvenus, c’est le 9 septembre et vous pouvez venir en tant que client avant de venir sur scène haha. A très bientôt !

 

Crédits photo : Cédric Passinay, Romain Léger, Ludovic Dunand.

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