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On a rencontré le pionnier de la photo de festival : Rudgr.com

On a l’habitude de rencontrer et d’interviewer des artistes internationaux en tout genre. Cette fois, nous avons eu la chance de pouvoir interviewer l’un des plus célèbres photographes du monde de la musique électronique ; Rudgr.com. Le Hollandais, qui parcourt le monde entier pour capturer les plus beaux moments des festivals et soirées, a accepté de répondre à nos questions..

 

  1. Tu es l’un des photographes de festival les plus renommés comment en es-tu arrivé là ? Comment cela a-t-il commencé ?

J’ai commencé ma carrière de photographe en 1995. J’ai eu la chance d’entrer dans ce milieu grâce à une entreprise pour laquelle je travaillais et qui tenait un magazine sur le snowboard (j’étais à fond dans la photographie de skate et de snowboard auparavant) et un sur la musique.

J’ai donc pratiqué de la photo de sports d’hiver pendant l’hiver, et la photo d’évènements musicaux pendant l’été.

A cette époque, il n’y avait que peu de photographes professionnels dans le milieu de l’EDM et en plus je semblais être bon pour ce job donc les choses sont allées très vite pour moi. Suite à ça je suis rapidement devenu photographe senior pour ID&T qui était l’entreprise de production principale durant deux décennies : Sensation, Mysteryland, Trance Energy, Tomorrowland etc. Une fois que l’Ultra Music Festival a suivi en 2012, les choses sont devenues mondiales pour moi.

 

  1. Tu as une vision différente des festivals, contrairement aux DJs, comment décrirais-tu la scène électro aujourd’hui ?

Je pense qu’elle s’améliore de jour en jour, les plus grands festivals sont tellement variés, ça m’impressionne !

Pour ceux qui sont prêts à ouvrir leur esprit (et leurs oreilles), il y a tant de genres musicaux différents à découvrir.

C’est génial de voir des artistes dits “mainstream” qui restent focus sur leur identité et sur ce qu’ils font comme musique, de les voir rester proches de leur style, et non pas en train de jouer des sets avec les musiques les plus populaires.

La scène électronique s’améliore également pour les festivaliers, les organisateurs deviennent de plus en plus professionnels, faisant vivre leur festival de manière plus intelligente, donnant ainsi au public une meilleure expérience, sans forcément faire prévaloir l’argent avant tout. Les festivals prennent des années pour investir et entretenir ce qu’ils ont fondé.

 

  1. Quel est pour toi le meilleur festival du monde ?

Ça c’est une question difficile. Entre Tomorrowland qui est incroyable au niveau de la taille et des détails, l’UMF qui attire un public unique grâce aux spring break, bien que l’EDC ait le même engouement…

Je pense que mon festival Hollandais préféré est Mysteryland (le festival qui a inspiré Tomorrowland), le festival Européen serait l’Ultra Europe, car la Croatie est vraiment un pays magnifique, le festival aux Etats-Unis sera forcément l’Ultra pour moi.

C’est compliqué de choisir le festival d’Amérique du Sud que je préfère, mais Buenos Aires à le meilleur public que je connaisse, et puis il y a l’Inde… le public, le paysage, la nourriture, l’intensité des soirées… Incroyable !

 

 

  1. Chaque artiste a son empreinte dans ce qu’il fait. Quelle serait la tienne ? Quel message veux-tu faire passer ?

C’est facile de répondre à cela, mes photos doivent raconter une histoire, raconter ce qu’il s’est passé le jour de cette photo. Quand on y repense, on doit se dire : “c’est exactement ce que j’ai vécu ce jour-là / pendant ce set” Et si tu n’étais pas là, ça doit te donner l’impression d’y avoir été.

 

  1. Est-ce qu’il y a une compétition entre photographes. Qui aura la meilleure capture, le meilleur moment ?

Bien sûr, il y a toujours un peu de compétition, comme celui qui aura sa photo sur la couverture de la page Facebook de l’évènement par exemple, et c’est ça qui te garde focus sur ton travail. Il y a plein de gars biens avec qui je travaille, et j’aime les liens qu’il y a entre la plupart des photographes d’EDM. Ils sont presque tous dévoués et respectueux du travail de chacun.

Le fait d’être basé aux Pays-Bas avec autant d’évènements donne tellement d’avantages, on travaille avec de grands noms !

Personnellement j’apprécie vraiment les gars qui savent shooter tout et n’importe quoi, et pas seulement des photos de DJ ou qui refont sans cesse la même photo. Il y a tellement de choses à faire pendant un évènement, et j’aime les gens qui en profitent. Ça peut être vraiment stimulant de voir les gens qui te font perdre la tête avec des captures et des angles que tu n’aurais pas vu par toi-même. Ça te rend plus humble et ça te donnes des idées pour les prochaines fois.

 

  1. Quel matériel utilises-tu le plus fréquemment ?

Je suis ambassadeur pour Canon (Pays-Bas) donc j’utilise ce matériel depuis le premier jour en 1992 ou 1993 quelque chose comme ça. En plus de la qualité de l’équipement et des images, c’est vraiment important pour moi d’avoir la meilleure assistance quand les choses se cassent. Et elles cassent souvent : les vibrations (notamment sur scène), l’humidité, la poussière, les gens qui se heurtent à votre matériel etc détériorent facilement le boîtier et les objectifs. Donc quand les choses sont vraiment cassées, c’est cool de n’avoir qu’une heure de route à faire jusqu’au magasin Canon et prendre un appareil de remplacement pendant qu’ils réparent le mien. Honnêtement, je ne pense pas qu’il y ai de plus mauvais environnement que de shooter plus de 50 évènements électro par an.

 

  1. Le développement des appareils hybrides est-il une bonne chose pour le futur de la photographie ?

Par hybride je suppose que tu parles des appareils photos / vidéos ? La manière de capturer des images est complètement différente. Elles demandent chacune leur propre état d’esprit. Je vois très peu de photographes qui gèrent très bien la vidéo et vice versa. Ce sont deux choses vraiment différentes. Quand on parle d’utiliser la haute définition (8k) pour la photo et la vidéo, la question devient bien plus intéressante. La qualité, oui c’est certainement une chose pour l’avenir (certains pourraient même dire tout de suite) mais la quantité de données capturées en prenant des vidéos est vraiment problématique quand le festival veut seulement quelques photos. Transférer toutes ces vidéos sur un ordinateur prend autant de temps pour un vidéaste que prendrait un photographe pour transférer, sélectionner et éditer des photos. Je ne vois pas de grands changements à ce niveau-là dans le futur.

 

  1. Quel conseil donnerais-tu à tous les photographes du monde de la nuit ?

Premièrement, quand vous commencez : soyez respectueux de vos confrères sur scène. Attendez que le gars avant vous ait fini avant de débiter à toute allure ! Ne vous focalisez pas uniquement sur le DJ, il y a tant de photographes qui font ça à chaque évènement. Si vous voulez sortir du lot et vous démarquer, essayez de prendre la foule, le public, leurs émotions.

Aussi, shootez un maximum de photos et utilisez le JPEG au lieu du RAW si vous ne voulez pas rester devant votre ordinateur toute la journée. Passez en revue une photo seulement quand c’est nécessaire. Cela vous fera prendre conscience de ce que vous faites.

 

On vous laisse le lien vers son site internet, pour que vous puissiez vous imprégner de ses oeuvres 😉

https://rudgr.com// 

 

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